
T'inviter à l'anniversaire de ma maman ? Oh non, pas prévu. Pas en rêve ! Sauf que si... 16 randonneurs, 400 m de dénivelé et 66 bougies : voilà une généreuse part de notre week-end famille. L'intimité Coucou, servie sur un plateau. Je n'ai pas résisté à te partager nos 24 heures en famille au refuge du Plan de l'Aar.
Belles-filles, bambinis et tutti quanti : la famille grandissant, on arrive vite à une farandole familiale. Mais où et comment se rassembler tous ailleurs que chez soi ? Une équation à trois contraintes :
Mazette ! Il faut que ça plaise aux 16 en plus. Ajoute à ça le souvenir collectif d'une première nuitée en refuge (tu vois de quoi je parle...), le budget serré (toi-même tu sais), le prix grimpant de la demi-pension dans le coin et cette quête absolue de dégoter proximité, simplicité et qualité.
Cap sur le refuge du Plan de l'Aar, niché sous la crête du Torraz, juste au-dessus de Megève et Praz-sur-Arly.
Départ tranquille sous les coups de 11 h. On pique-nique finalement assez vite, là où on ne se serait jamais arrêté : au bord de la piste. Les enfants dévorent la nature, nous les sandwichs. Bâtons, cailloux, grenouilles pour eux, abondance, pain et pâté pour nous. On a le temps. Arrivée prévue au refuge à 14 h, histoire de savourer une longue après-midi de fin d'été.




Tiens, regarde ce porte-bébé. Il passe de génération en génération. Vintage. Se dire que gamin, chacun de nous y a posé son popotin, calé tranquil' sur le dos dégoulinant des parents... Et je regarde mon Deuter hyper-accessoirisé : plus lourd que la chair qu'il transporte. Deux bouts d'inox, une toile tendue, et en avant !


Pendant la montée, on s'écarte pour quelques VTT électriques qui, ici, riment avec sympathiques. Presque aucun traileur, probablement tous concentrés à Cham' en cette fin août. Et deux ou trois 4x4 qui grimpent doucement les lacets pour rejoindre la table d'Arlette au déjeuner, celle de Bonjournal ou le foodtruck du Torraz.
N'y allons pas par quatre chemins, c'était chouette. On l'a trouvé, ce fameux moment familial ! Une grande tablée collective, les ronflements redoutés de la nuit, ces couvertures rayées et soigneusement empilées qui grattent autant qu'elles réchauffent, l'échange avec nos hôtes, la sapinette qui réveille la gorge et l'addition d'une douceur rare.

La patronne nous accueille en même temps qu'elle ouvre le grand dortoir, rien que pour nous. À 16, nous voilà les rois du dodo. Deux étages, des traversins, une vraie nuitée en refuge.


Faire ci, faire ça... Au Plan de l'Aar, tu vis au rythme du lieu. Les poules, les dindons, les lapins, en plus des jeux de société, le dortoir douillet, des WC pratiques. Tout est là.
On partage un, deux, trois cafés. Une partie de pétanque et de mölkky puis deux. Des croquis sur le vif, des idées qui fusent, des éclats de rire qui font du bien. Nous cherchions un moment familial, nous y avons trouvé un refuge familial.




L'après-midi ? Tranquille. On s'offre un petit tour au-dessus, un tour de goût, de myrtilles qui s'écrasent car on les engloutit chacun pour soi. Pas de cueillette pour une tarte ce soir, pas besoin. Ici, elle est servie tiède et généreuse. Les paysages réguliers autour de nous sont apaisants. Aucun sommet n'accapare l'horizon.




Le tintement continu des cloches dans le vallon nous berce. C'est le troupeau d'Étienne, l'un des fils d'Arlette et Bernard, qui a repris l'exploitation agricole. Ses vaches vont et viennent. La grosse quarantaine d'abondance produit du bon lait qui part directement pour le Beaufort. Bérod, Beaufort... Tu l'as ?
Debout à 4h30, fin de journée à 23 h : nous n'étions pas sur le même fuseau horaire qu'Étienne. Avoue, tu vois de qui je parle. Le voici, star de la campagne Beaufort.

On aurait aimé monter à la traite mobile et papoter, comprendre les enjeux de son estive, l'eau qui semble couler à flot, les foins, le loup qui rôde, etc. Et puis parfois, chill en terrasse, poules et bambins...
... On s'est laissé attendrir. Par les jolies assiettes à l'ancienne, le service souriant, l'énorme poêle de crozets, les diots et les desserts engloutis trop vite pour être pris en photo (tout comme les beignets fondants en entrée !).


Retour par le même chemin. Avec des minis, mieux vaut éviter la portion scabreuse sous la Tête des Charmots et garder la boucle par Réon d'en Haut (autour du Mont Lachat local) pour une prochaine fois.
On a donc savouré la piste, ses scabieuses colombaires, les champis, ses mares à grenouilles, les gestes tendres, les rires et cette eau abondante qui dégouline du front ardoisé de la montagne du Torraz.






Il manque juste la photo officielle avec la tribu alignée. Tendresse et famille à l'unisson, on s'en passe bien. À la prochaine pour de nouvelles aventures familiales. Timothée.
C'est quoi Coucou ? Une nouvelle manière de voyager au Pays du Mont-Blanc : plus simple, plus vivant, plus quali. Coucou, quoi !
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