« L'âge d'or de ce refuge l'hiver est, je le pense, révolu. L'accès devient de plus en plus compliqué, l'enneigement étant moins important qu'il n'a été. Mais je suis confiante pour les étés à venir. » Les mots de Mathilde Lagasse, d'abord. Gardienne des lieux, du temps et de l'hospitalité. Puis François-Xavier Laffin, maire de Chamonix, venu lui aussi célébrer le centenaire du Refuge du Requin « construit en 1926, alors même que l'Aiguille du Midi n'existait pas ». Dimanche 13 septembre, à l'initiative de la mairie de Chamonix et encadrée par les membres de la Compagnie des Guides de Chamonix, la grande famille du Requin était au complet : anciens gardiens, guides en exercice, médias et élus locaux, amis fidèles, et amoureux des lieux. Tous ont cheminé sous un beau soleil, du Montenvers jusqu'au promontoire où fut érigé, en 1926, le refuge du Requin à 2 516 m d'altitude. Après les zigzags dans les méandres de la Mer de Glace et de belles sueurs dans les échelles verticales, la fête n'a pas empêché de regarder l'avenir en face. Le maire de Chamonix l'a rappelé dans son discours introductif : « Chaque jour qui passe nous montre qu'effectivement l'évolution est bien plus rapide qu'ailleurs et qu'il va falloir s'adapter pour transmettre de la façon la plus intacte possible aux futures générations ce qui fait l'âme de notre vallée ». Avant de rajouter que « ce refuge est, on le voit bien, solide dans un environnement qui malheureusement, lui par contre, devient de moins en moins solide ». Un siècle au compteur, de la pierre dure sous les pieds et une vue imprenable : bon anniversaire au doyen.