
C'est officiel, le Tour de France passera par le Pays du Mont-Blanc le 13 juillet 2027, avec une arrivée à Sallanches. Quelques semaines plus tard, du 24 août au 5 septembre, les Championnats du monde qualifié comme « le plus grand événement cycliste de l'histoire » réuniront les meilleurs coureurs de la planète. À moins d'un an de ce grand rendez-vous, la pression monte. Entretien avec Jérémy Laby, passionné d'ultra-distance et gérant du magasin spécialiste Roue Libre à Sallanches.
Jérémy Laby : Ça commence un peu à nous faire peur, je t'avoue ! On a eu un très gros mois d'août sans l'événement et, déjà, tout le monde nous parle que de ça. Rien que cet été, on a vu débarquer des cyclistes en vacances venus faire leurs repérages pour savoir où poser leur camping-car en 2027. D'autres allaient même sonner directement chez les habitants pour louer un carré de jardin ! Lors des championnats du monde de Zurich il y a deux ans, c'était noir de monde. L'Etape du Tour, c'est 16 000 participants. Ici, entre les épreuves sur route, le VTT Trial place Charles Albert ou le Gran Fondo à Thônes et La Clusaz, le public va s'installer dans le coin. On ne réalise pas l'ampleur de ce qui arrive.
Jérémy Laby : Pour n'importe quel coureur professionnel, le maillot arc-en-ciel est le graal. La course d'une vie. Mais le tracé sera un parcours d'usure absolu: une boucle de 13,3 km à parcourir 20 fois, soit 266 kilomètres et 5 700 mètres de dénivelé positif. Tout se jouera à l'élimination et au tempo. Pour le public, ce sera un spectacle dantesque, que ce soit dans la cuvette de Sallanches ou dans le fameux virage Bernard Hinault, au plus fort de la pente.

Jérémy Laby : Exactement ! Ceux qui ont vécu la victoire d'Hinault s'en souviennent encore comme si c'était hier. Rien que d'en parler, ça me donne des frissons. 2027 va faire le pont entre le mythe de 1980 et la nouvelle vague française qui est là. On a de la chance. Je crois beaucoup à Paul Seixas. À 19 ans, pour sa première année pro, il a montré une caisse et une maturité tactique hallucinantes. En plus, il a une attache très forte ici. Ses grands-parents habitent Magland. On rêverait tous de le voir sacré champion du monde à la maison ! Chez les femmes aussi, avec des pépites comme Célia Gery (titrée chez les espoirs l'année dernière au Rwanda), les cartes sont grandes ouvertes.
Jérémy Laby : On a du boulot devant nous (rires). Lors des courses élites du dimanche, le circuit va littéralement tourner autour du magasin. Roue Libre sera au coeur de la course. On va adapter nos horaires, faire de très grosses journées et vivre ça à 200 %. Je réfléchis à plein de choses. Mais ce qui est sûr, c'est que ça va être incroyable. C'est l'événement d'une vie professionnelle.

Jérémy Laby : Pas simple. Cet été, les gars du magasin sont allés voir à vélo l'arrivée de la 15e étape du Tour au Plateau de Solaison. Sauf qu'une fois en haut, tout était bouclé : impossible d'accéder à l'arrivée avec son vélo. On leur a dit « Laissez-vos vélos là, derrière un arbre ». Sauf que quand vous avez 5 000 cyclistes qui viennent voir l'épreuve, on fait quoi ? Il y a une vraie réflexion à mener sur les parkings sécurisés, les lockers, et les mobilités douces. Si ces mondiaux permettent de créer des infrastructures pérennes, alors on aura tout gagné.
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